Evènement | Publié le 02.07.2008

Appel à la mobilisation sur la RTGK (Radio du Grand Kasaï)

Dans la suite de son analyse intitulée "Appel à tous les élus du Kasaï et à tous les kasaïens", l'association Union Kasaïenne de l'Extérieur, par le canal du Président Diela, confirme sa position par rapport au morcellement futur en provincettes de la province du Grand Kasaï. En effet, la Constitution de la République Démocratique du Congo prévoit le morcellement en provincettes de la province du Grand Kasaï trente six mois après la mise en place officielle des institutions de la République. La même constitution, dans son article 218, stipule aussi que l'initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment:
1. au Président de la République;
2. au Gouvernement après délibération en Conseil des ministres;
3. à chacune des Chambres du Parlement à l'initiative de la moitié de ses membres;
4. à une fraction du peuple congolais, en l'occurrence 100.000 personnes, s'exprimant par une pétition adressée à l'une des deux Chambres.
Pour l'association Union Kasaïenne de l'Extérieur, la division du Grand Kasaï en provincettes engendrera des conflits et des troubles au Kasaï. Monsieur DIELA B. Victor, dans son interview accordée sur les antennes de la Radio du Grand Kasaï (RTGK), démontre que les critères objectifs n'ont pas été considérés dans l'élaboration du projet du morcellement du Kasaï en provincettes. Par conséquent, la division du Kasaï n'entraînera ni développement socio-économique ni épanouissement du peuple kasaïen. C'est pour toutes ces raisons que l'UKE lance un appel à la mobilisation de tous les kasaïens et de toutes les kasaïennnes pour empêcher, par des moyens légaux prévus par la constitution, le morcellement du Grand Kasaï en provincettes. A travers l'interview qui suit, le Président de l'UKE, Monsieur Diela B. Victor, trace la genèse, la vision et les objectifs de leur association, et invite tous les kasaïens et toutes les kasaïennes à l'Union et l'Unité pour un Grand Kasaï prospère et épanoui..

Radio du Grand Kasaï: A quand remonte la création de l'Union Kasaienne de l'Extérieur (UKE) et quelle est sa vocation?
Victor Diela Balanganayi: Notre association UNION KASAIENNE DE L'EXTERIEUR, en abrégé UKE, a été créée officiellement et reconnue au Moniteur belge au mois d'octobre 2005. L'UKE est une association sans but lucratif à laquelle peut adhérer librement tous les fils et toutes les filles du Kasaï, le Kasaï compris dans son intégralité c'est-à-dire le Kasaï Occidental et le Kasaï Oriental, sans discrimination de sexe, de religion, de considération philosophique et sans discrimination d'appartenance politique.
Quant à sa vocation, l'UKE est un cadre de concertation, d'analyse et de réflexion qui relève de la dynamique de la société civile. L'UKE se veut un espace d'échange pour permettre aux kasaïens de s'assumer et de prendre en charge le devenir du peuple kasaïen.
Notre association UKE s'est assignée la mission de sensibiliser et de conscientiser tous les kasaïens où qu'ils soient partout dans le monde pour que nous soyons nous tous interpellés par notre identité kasaïenne.
Nous insistons sur la sensibilisation et la conscientisation parce que souvent nous sommes tristes de constater que quand un kasaïen parle du Kasaï on ne dirait pas qu'il est kasaïen lui-même. Le kasaïen a cette attitude de se mettre en dehors et de considérer que ce sont les autres kasaïens qui doivent se battre pour le redressement du Kasaï et qu'il est là seulement pour juger les actes posés par les autres.
A l'UKE, nous prônons ce que nous appelons "Interpellation Personnelle" c'est-à-dire chacun de nous doit d'abord se demander ce qu'il aurait déjà fait personnellement pour le Kasaï avant de juger les autres kasaïens. Nous pensons que cela est très important dans la mesure où nous devons passer de la parole aux actes. Arrêtons avec les analyses éternelles et devenons acteurs du destin de notre Kasaï.
L'UKE oeuvre beaucoup pour faire comprendre cela à tous les kasaïens parce que cette étape conditionne le processus de développement de notre province du Grand Kasaï.
RGK: Vous êtes le quantième Président depuis la création de l'UKE jusqu'à nos jours?
VDB: Je suis le premier président de l'UKE avec un mandat de cinq ans renouvelable. Je crois qu'il est important de vous signaler que l'UKE est née suite à beaucoup de réunions de concertation entre les kasaïens du Kasaï Occidental et ceux du Kasaï Oriental. Nous avons décidé la création de cette association parce que nous avons jugé très utile d'avoir un espace de cohésion et de convergence de tous les kasaïens. La présidence m'a été confiée compte tenu du rôle que j'ai joué pour arriver à harmoniser les points de vue des uns et des autres.
C'est important de le dire pour que nos frères et soeurs du Kasaï sachent que l'UKE est le fruit d'un long cheminement, ça n'a pas été l'affaire d'une seule personne et ce n'est pas par hasard que j'assume la présidence.
RGK: Quels sont les objectifs de l'UKE?
VDB: L'objectif principal de notre association UKE est la défense des intérêts culturels, socio-économiques et politiques du peuple kasaïen. Bref, la défense de tout ce qui touche au Grand Kasaï; tout ce qui peut améliorer ou entamer l'épanouissement de notre peuple kasaïen.
Concrètement les objectifs spécifiques de notre association sont: lutter contre la propagande négative entretenue contre les kasaïens au Congo et à travers le monde.
Sans rentrer dans les détails, vous savez que le fait simplement d'être kasaïen nous a causé et nous cause beaucoup de difficultés auprès de nos compatriotes congolais. Souvenez-vous de ce qu'on disait couramment au Congo il y a quelques années: "tuer le kasaïen et laisser le serpent". Je ne vais pas faire beaucoup de commentaire à ce sujet car le but ne pas d'attiser des rancunes. Donc l'UKE a la mission de se constituer en bouclier kasaïen contre de tels comportements.
Redorer et valoriser l'image du Kasaïen et du Kasaï dans les milieux politiques et dans les milieux des affaires occidentaux.
Ici, nous pensons qu'à cause de l'ignorance et de sous information, beaucoup de gens se font une fausse image de l'homme kasaïen. D'où l'intérêt pour notre association d'expliquer aux autres ce que sont réellement les kasaïens. Savez-vous que les kasaïens se retrouvent presque partout dans le monde, que ça soit dans le fin fond de la Chine, dans le coin reculé du Canada, du Kivu, du Bas-Congo, vous y trouverez des kasaïens qui y vivent en bons termes avec les autres. Donc notre association tient à valoriser ce côté positif, ce côté humain, ce côté social et sociable du Kasaïen. C'est un atout qui est peut être omis volontairement par les autres dans leur jugement de l'homme kasaïen.
Pour être plus pratique à ce sujet, nous avons lancé l'initiative de ce que nous appelons "Protocole des communautés congolaises" qui sera un cadre de rencontre et des échanges entre les différentes communautés de toutes les provinces du Congo afin de se connaître le mieux possible et de pouvoir se fréquenter. Cela pourra permettre d'éviter des jugements négatifs que nous avons les uns vis-à-vis des autres, des jugements souvent basés sur des clichés biaisés. A travers un tel forum, l'image du kasaïen pourra être appréciée autrement.
Créer un lobby fort qui doit servir de support pour faire le marketing du Kasaï.
Surtout nous autres de la Diaspora, où que nous soyons, nous devons nous organiser, sous différentes formes, pour faire valoir le Grand Kasaï. C'est ainsi qu'à l'UKE, nous soutenons toutes les initiatives qui sont entreprises par n'importe quelle association ou groupe des kasaïens, lesquelles initiatives sont susceptibles d'influencer positivement l'épanouissement du peuple kasaïen.
L'UKE se préoccupe du développement socio-économique du Grand Kasaï et de l'épanouissement du peuple kasaïen. C'est ainsi que notre association entreprend et réalise des actions sociales, dans les secteurs de la santé et de l'enseignement, en faveur de nos populations kasaïennes. L'UKE prépare des projets de création des coopératives de développement dans différents domaines.
L'UKE va concentrer des actions sur les femmes et les hommes politiques kasaïens qui ont pour idéal la défense des intérêts du GRAND KASAï.
Concrètement cela signifie que nous devons exprimer nos désirs à nos hommes politiques; nous devons aussi les écouter, les accompagner et les soutenir pour qu'ils soient plus compétitifs sur le plan national au Congo. La politique ne se limite pas seulement au territoire kasaïen. Nous devons avoir des hommes et des femmes politiques capables de défendre les intérêts du peuple kasaïen sur le plan national.
Vous devez savoir que cette démarche de notre association UKE se fait et se fera qu'en faveur de ces femmes et hommes politiques qui intègrent l'intérêt collectif du peuple kasaïen dans leurs actions politiques. Il ne s'agira nullement d'un soutien naïf et intéressé.
Enfin notre association s'est donnée l'objectif de soutenir le leadership kasaïen.
Nous venons de vous brosser schématiquement les objectifs de notre association UKE. Le cadre de concrétisation de ces objectifs est bien détaillé dans notre Charte qui explique ce qu'il faut faire sur le plan économique, sur le plan social, sur le plan culturel, sur le plan politique afin de sortir notre Kasaï de la misère. Cette charte peut être consultée sur notre site uke.be ou nous faire parvenir une demande pour vous envoyer une version sur support papier.
RGK: Un Kasaï Uni comme gage du développement du Congo? Pourquoi cette affirmation avec force et pourtant discutable sous d'autres cieux?
VDB: Le titre "Un Kasaï Uni comme gage du développement du Congo" était le premier intitulé de notre réflexion et cela se défend bien, par après nous l'avons intitulé "Appel à tous les élus du Kasaï et à tous les kasaïens" pour insister sur les dangers de la division de notre grande province du Kasaï.
Dans notre conception du Congo, nous croyons que c'est un pays qui ne peut se développer qu'en étant uni.
Par conséquent, dans le morcellement des provinces au Congo et surtout en ce qui concerne la division du Grand Kasaï en provincettes, il faut éviter de faire du copier coller automatique parce que vous faites allusion à ce qui aurait été fait sous d'autres cieux.
En ce qui concerne le morcellement de notre province du Grand Kasaï, nous avons l'impression que l'on n'a pas tenu compte des critères objectifs. Nous posons les questions suivantes aux adeptes de cette division: Est-ce que des études sérieuses ont-elles été menées pour faire l'inventaire de l'état actuel de notre province? NON!
IL n'y a pas eu de recensement de nos populations pour savoir ce que va représenter chaque future provincette.
Il n'y a pas eu d'inventaire des ressources qui peuvent justifier la viabilité de chaque provincette. Alors avec quels moyens financiers les administrations de ces futures provincettes vont-elles s'organiser? Comment vont-elles se développer? Nous sommes en face d'un mirage absolu.
Nos populations n'ont pas été préparées à cette division; par conséquent celle-ci va engendrer que des conflits entre tribus et ethnies.
A notre humble avis, nous pensons que la priorité du moment est de s'attaquer concrètement aux problèmes de nos populations qui sont l'inexistence des routes, l'absence des hôpitaux et des écoles, le chômage dans nos provinces sans toucher à leur configuration territoriale actuelle.
L'argument selon lequel le morcellement en provincettes va permettre de rapprocher les administrés des gouvernants ne garantit nullement que cela va générer le développement socio-économique dans notre province du Kasaï.
Prenons le cas de la Capitale Kinshasa, les institutions sont sur place, donc les administrés proches des gouvernants, est-ce pour autant que Kinshasa est développé? NON et NON! Est-ce pour autant que les kinois vivent mieux que le reste du Congo? Non et non.
Est-ce que nous congolais avons la mémoire courte? Qu'en est il aujourd'hui de la division du Kivu? Pourriez-vous nous montrer les avancées en terme de développement dans les trois provinces issues de l'ancien Kivu?
Le Grand Kasaï doit garder sa configuration actuelle. Par contre, nous devons nous organiser pour lancer des actions de mobilisation pour le développement socio-économique de notre cher Kasaï et pour l'épanouissement du peuple kasaïen qui vit aujourd'hui dans une misère indescriptible.
C'est pour cela que nous lançons un appel à tous les élus kasaïens pour qu'ils s'organisent et qu'ils utilisent les dispositions de la Constitution de la République qui permettent la revision de celle-ci afin d'empêcher le morcellement de notre province du Grand Kasaï. Ces dispositions existent dans la constitution.
Nous interpellons tous les élus et nous appellerons les kasaïens en temps utile pour s'exprimer sur cette question par une pétition.
D'ailleurs nous nous demandons pour quelles raisons les députés kasaïens de la transition avaient accepté cette proposition de morcellement pendant que les députés des autres provinces l'avaient refusée.
Nous KASAÏENS qui aimons notre GRAND KASAÏ, nous ne devons pas accepter la division de notre province. Chacun de nous, où qu'il soit, doit faire tout ce que lui est possible pour que le morcellement du Kasaï ne se réalise pas. C'est possible.
RGK: Vous avez deux défis à relever, défi intérieur c'est à dire la pensée du Kasaien vivant à l'intérieur du Kasaï et le défi extérieur c'est à ; dire la mentalité du Kasaien de l'extérieur du Kasaï. Est-ce notre vision coïncide-t-elle avec la vision de l'UKE? Si oui, quelle est la priorité de l'UKE face à cette dualité?
VDB: La priorité de l'Uke, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du Kasaï, c'est d'abord l'homme kasaïen qui est au centre de toute notre action.
Cet homme qui doit se dépouiller des préjugés négatifs et valoriser sa culture,
Cet homme qui doit se regarder dans un miroir et avoir le courage de reconnaître ses défauts tout en valorisant ses qualités,
Cet homme dont l'identité doit être confirmée,
Cet homme sur les épaules de qui reposent tous les espoirs pour demain.
Je vous dis qu'il n'y a aucune dualité entre les kasaïens de l'intérieur et ceux de l'extérieur du fait seulement de leur localisation géographique.
A l'instar d'autres nations, l'apport de la diaspora a trouvé de l'écho chez ceux qui étaient restés au pays.
Nous devons nous mettre ensemble pour sortir notre province de la misère. J'étais au Kasaï au mois de décembre de l'année dernière, j'ai rencontré nos frères et soeurs de différentes couches sociales, j'ai été accueilli par différentes organisations kasaïennes, je peux vous garantir que je n'ai perçu aucune dualité en ce qui concerne le devenir du Kasaï que l'on soit de l'intérieur ou de l'extérieur de notre province.
Il est vrai que le kasaïen qui vit à l'extérieur peut être influencé, dans son analyse de la situation de la misère du Kasaï, par les expériences de l'environnement dans lequel il évolue tous les jours. Quand nous parlons du kasaïen de l'extérieur, il ne s'agit pas seulement du kasaïen qui vit à l'étranger; il s'agit aussi de tous ces kasaïens et kasaïennes qui vivent à Kinshasa, au Katanga, au Bas-Congo, partout au Congo sans avoir des attaches réelles avec notre Kasaï.
Nous pouvons vous affirmer que fondamentalement en ce qui concerne la problématique du GRAND KASAï, la préoccupation est la même que l'on soit de l'intérieur ou de l'extérieur.
La seule dualité que nous avons identifiée est celle entre le kasaïen actif et le kasaïen passif en fonction de son implication dans la dynamique de redressement socio-économique de notre KASAï.
D'où notre préoccupation du moment qui est celle de sensibiliser tous les kasaïens pour que chacun de nous contribue réellement et concrètement au développement de notre province.
Concrètement nous proposons deux pistes qui peuvent servir de début d'action: il y a l'agriculture et la construction des maisons au Kasaï.
En ce qui concerne l'agriculture, nous lançons un appel à tous les kasaïens, surtout ceux de la diaspora, d'avoir individuellement ou en groupe des champs chez nous. A l'UKE, nous sommes entrain d'examiner les possibilités de création d'une coopérative agricole.
Nous avons beaucoup d'espace au Kasaï. Nous avons de la main-d'oeuvre qui est au chômage pour le moment. Avec l'agriculture, nous mettrons nos frères et soeurs au travail, nous influencerons les prix des denrées alimentaires sur le marché et nous aurons ainsi contribué à l'épanouissement du peuple kasaïen. C'est possible, il faut y croire.
Ensuite nous avons parlé de construction des maisons. Nous pensons que nous ne pouvons pas parler du développement socio-économique du Kasaï sans prévoir la construction de nouvelles maisons dans nos villes en respectant les normes urbanistiques. A ce sujet, nous avons contacté les autorités locales du Kasaï, à l'occasion de notre dernier voyage au Kasaï au mois de décembre de l'année passée, pour que nous puissions examiner ensemble les possibilités des lotissements pour les kasaïens de la diaspora. D'où notre deuxième appel vibrant à tous les kasaïens, où qu'ils soient, de tout faire pour disposer d'une maison chez nous. Cette opération nous la baptiserons "Come back to Kasaï" (Retour au Kasaï) de ses fils et de ses filles éparpillés partout dans le monde.
Ce sont là deux projets concrets qui nous tiennent à coeur pour le moment et que nous sommes entrain de préparer.
Sur le plan social, nous demandons à tous les kasaïens de se rappeler de cette valeur fondamentale de notre culture qui est l'amour de ses frères et de ses soeurs. Ne restons pas indifférents et insensibles vis-à-vis de nos frères et soeurs qui vivent dans la misère chez nous. Faisons quelque chose pour eux. Il n'y a pas de petite action parce que les besoins sont énormes au Kasaï.
Notre association UKE a déjà réalisé quelques actions sociales sur le terrain. Nous avons financé les travaux de réhabilitation de la salle des urgences et des locaux de la maternité de l'Hôpital général de Kananga. Nous avons effectué les travaux de réhabilitation de la salle des urgences de l'Hôpital général de MUYA à MBUJI-MAYI. Nous avons envoyé des médicaments et des chaises roulantes.
En 2006, sur demande des écoles du Kasaï qui ont des sections commerciales, nous avons envoyé un lot de 120 machines à écrire à Kananga et à Mbuji-Mayi. Les images de toutes ces actions sociales sont disponibles sur notre site uke.be que vous pouvez visiter.
D'ici la fin de cette année, nous avons le projet d'ouvrir deux centres d'initiation à l'informatique dont l'accès sera gratuit à nos élèves car nous avons constaté, lors de notre dernier voyage au Kasaï, que la majorité de nos enfants ne connaissent pas ce que c'est qu'un ordinateur. C'est révoltant par le temps qui court.
RGK: Quel combat prône l'UKE contre "le plus grand commun diviseur" du peuple kasaien, avons-nous dit la "politique"? (Historiquement,les Kasaiens se sont toujours trahis pour les gains politiciens; dernier en date l'affaire des gouverneurs jadis élus Kande et Kanku,affaire soulevée par Lambert Mende Omalanga,kasaien lui-même).
VDB: A l'UKE, nous ne nous inscrivons pas dans une démarche qui consiste à incriminer les autres et à généraliser nos jugements.
Nous sommes conscients de l'impact de la politique et des actions des politiciens par rapport au devenir de notre province.
C'est ainsi qu'un des objectifs de notre association UKE est de soutenir et d'accompagner tout homme ou toute femme politique du Kasaï à condition que celui-ci ou celle-ci intègre le développement du Grand Kasaï dans sa vision politique et concrètement dans ses actions sur le terrain.
Il ne s'agit pas d'un soutien naïf.
Pour répondre plus précisement à votre question en ce qui concerne les manipulations politiques et politiciennes, notre association UKE fera un travail à la base pour sensibiliser le peuple kasaïen à propulser et à soutenir tel ou tel homme politique du Kasaï disposé à travailler pour l'épanouissement du Kasaï et pour l'intérêt collectif de notre province du Grand Kasaï.
Les politiciens kasaïens doivent savoir que ce peuple du kasaï n'est plus dupe. Ce n'est pas avec 1 tee-shirt et quelques bières qu'ils se feront élirent prochainement. Ils seront élus sur base d'un programme mais surtout suite à des actions réelles réalisées sur le terrain. D'où ils doivent être très attentifs à leurs actes.
L'UKE étant une association kasaïenne qui lutte pour l'épanouissement du peuple kasaïen, elle sensibilisera celui-ci pour qu'il ne tombe pas dans le piège de la manipulation politicienne.
Pour terminer avec cette question, nous lançons un cri de détresse à tous les politiciens, à tous les élus kasaïens et à tous les kasaïens à rendre au KASAÏ ce qu'ils ont reçu de Lui car c'est grâce au sang kasaïen qui circule dans leurs veines qu'ils sont ce qu'ils sont aujourd'hui. Chaque kasaïen où qu'il soit doit se sentir redevable de la taxe du sang, nous disons bien la taxe du sang kasaïen à payer au Kasaï à travers sa contribution aux actions du développement socio-économique de notre province.
Evitons de parler du Kasaï comme si c'était une entité abstraite. Chacun de nous doit se demander ce qu'il a déjà fait personnellement pour le Kasaï avant de juger les autres. Ne parlons plus du Kasaï comme si nous nous n'étions pas nous-mêmes kasaïens.
Bref, la lutte de l'UKE est d'interpeller et de sensibiliser tous les kasaïens à devenir acteur de notre destin.
RGK: Refuser de saucissonner le Kasaï, c'est remettre en cause le saucissonnage de toutes les Provinces de la RDC. L'UKE a-t-elle les moyens d'arrêter un tel partage?
VDB: Ce n'est pas par simple plaisir que nous refusons la division du Kasaï en provincettes. Cette division n'engendra que des conflits et des problèmes comme nous l'avons démontré. Il n'y aura pas de développement pour nos provinces.
Nous pensons que l'UKE et tout le peuple kasaïen peuvent arrêter ce morcellement avec des moyens légaux. En effet, l'article 218 de la Constitution du Congo prévoit le mécanisme de révision constitutionnelle en cas de pétition.
Par conséquent, l'UKE compte lancer un appel à tous les élus du Kasaï pour soutenir une pareille pétition.
RGK: Ne voyez-vous pas qu'au lieu de lancer un appel solennel à l'élu du Kasaï, manipulateur historique, mieux vaudrait conscientiser l'électeur du Kasaï, le manipulé éternel aux yeux et à la conscience attentifs à toute manipulation?
VDB: Effectivement, l'UKE s'intéresse d'abord et avant tout à l'homme kasaïen qui doit parvenir à s'assumer réellement. Cela passe par l'éducation vis-à-vis de la chose publique.
Dans notre message de sensibilisation, nous disons au peuple kasaien que ce n'est pas un tee-shirt ou une bière ou un bol de riz qu'Il reçoit à l'occasion d'une campagne qui changera leur vie.
Il faut des routes pour faciliter les transactions commerciales, des hôpitaux pour se faire soigner, des écoles dignes pour nos enfants, du travail pour nos jeunes qui n'ont plus de rêve de vie que nous autres nous avons eu à l'époque.
Vous savez que pour nous autres qui sommes nés au Kasaï, nous qui avons grandi au Kasaï jusqu'à l'âge de 18 ans 20 ans, nous avions tout sur place et nous ne pensions même pas qu'ils nous arriverait de vivre en dehors du Kasaï. Mais pour des raisons de poursuivre des études universitaires nous nous sommes retrouvés à l'étranger.
C'est au moins cette vie là que nous avons connue à l'époque que nous devons rétablir au Kasaï et faire mieux.
Effectivement un travail d'éducation doit être entrepris pour que le peuple kasaïen comprenne q'un homme politique doit être élu pour ses compétences et pour son amour à travailler pour l'épanouissement de notre peuple kasaïen à travers des actions réelles et palpables sur le terrain.
Notre peuple kasaïen doit comprendre que c'est lui qui détient le pouvoir par sa voix au moment des élections. Il ne doit pas donner ce pouvoir à n'importe qui. C'est question de choix et de responsabilisation. L'UKE va y consacrer son action de conscientisation et de sensibilisation. Nous prévoyons d'éditer un Guide des Elections au Kasaï pour orienter notre peuple kasaïen. Nous pensons que c'est ça notre travail des acteurs de la société civile kasaïenne.
RGK: Existe-t-il d'autres associations kasaiennes différentes de l'UKE? Si oui, quelle relation l'UKE entretient avec ces associations?
VDB: Oui, il existe d'autres associations kasaïennes en Belgique, sûrement dans d'autres pays d'Europe et au Congo.
Nous saisissons cette occasion pour vous expliquer notre vision par rapport à toutes les associations kasaïennes. Vous devez savoir que l'identité de toute personne dispose de plusieurs couches des relations c'est-à-dire on est d'abord d'une famille, après d'un village, ensuite d'un district et enfin du Kasaï. Par conséquent, nous devons éviter d'étouffer une ou plusieurs personnes qui souhaitent s'organiser au niveau de leur famille, de leur village ou de leur district. Par contre, ce que nous devons faire c'est faire comprendre à tout le monde que nous avons un dénominateur commun qui est le GRAND KASAï et que nous devons avoir un espace de convergence, de soutien mutuel et de collaboration efficace pour aboutir au développement socio-économique du Kasaï et à l'épanouissement de notre peuple kasaïen.
C'est normal qu'il y ait plusieurs associations kasaïennes parce que nous devons nous diversifier mais dans la convergence et la concordance pour l'intérêt collectif du Kasaï. Il faut qu'il y ait des associations à caractère social, à caractère économique, à caractère culturel, etc...
Le kasaï est très grand et l'UKE se veut fédérateur et nous entretenons de très bonnes rélations avec d'autres associations kasaïennes en Belgique et ailleurs. Entre autres
Le Grand kasaï, au Congo
Akem (Association kasaïenne d'entraide mutuelle), en Belgique
Sokam (Solidarité KABEYA KAMWANGA), en Belgique
Arkoc (Association des ressortissants du Kasaï Occidental), en Belgique
Asbedi (Association de solidarité de Bena Dimbelenge), en Belgique
L'asbl Diyi Dia Kasayi, en Belgique et qui nous donne l'occasion aujourd'hui de nous exprimer sur les antennes de la Radio du Grand Kasaï.
Kakabe (Association des ressortissants de Kabida) que nous avons soutenue à l'occasion d'une soirée de collecte des fonds pour acheter une machine à fabriquer des briques stabilisées à Kabinda au Kasaï Oriental.
RGK: Quel est votre mot de la fin?
VDB: Nous tenons surtout à vous remercier de l'honneur que vous nous faites pour être parmi les premiers à réfléchir sur le devenir du Kasaï sur vos antennes.
Ensuite, nous nous faisons le devoir de vous féliciter pour le lancement de votre radio, nous voulions dire de notre Radio du Grand Kasaï qui est un outil indispensable pour la sensibilisation, la conscientisation et la mobilisation du peuple kasaïen.
Enfin, nous terminerons en lançant un vibrant appel à tous les kasaïens et à toutes les kasaïennes, où qu'ils soient, pour qu'ils deviennent acteurs dans la dynamique de l'épanouissement du peuple kasaïen. Nous devons savoir qu'il s'agit d'un problème identitaire. Dès que nous aurons oeuvré réellement pour notre identité kasaïenne, l'amour véritable règnera entre nous; ainsi nous pourrons travailler ensemble pour le développement de notre province du GRAND KASAï.
Que vive la Radio du Grand Kasaï!
Que vive le Kasaï!
Je vous remercie

Interview réalisée par Pierre Biduaya Biantumba wa Kayembe sur Radio du Grand Kasaï à partir du Japon.

(uke.be)

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